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Monnaies locales : en 2026, le passage au numérique change la donne

par Salma
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Paiement sans contact par carte et smartphone Noiset dans un commerce favorisant les monnaies locales et les produits locaux.

On en compte plusieurs dizaines en France, avec des noms qui sentent le terroir : le lou pelou en Limousin, la tinda en Béarn, le pezh en Bretagne. Les monnaies locales complémentaires, reconnues par la loi depuis 2014, partagent un même principe : un euro converti devient une unité de monnaie locale, qui ne se dépense que chez les commerçants et producteurs d’un territoire. L’argent reste ainsi au plus près de ceux qui le font circuler. Mais en 2026, une question les traverse toutes : comment passer du billet au numérique ?

Le billet, force et faiblesse des monnaies locales

Pendant longtemps, le billet a été l’identité de ces monnaies. On y voit des figures locales, des paysages, des devises en langue régionale. Mais il impose aussi des contraintes : se rendre dans un comptoir de change, prévoir la somme, repérer les commerces partenaires. Ces petits freins expliquent en partie pourquoi beaucoup de monnaies peinent à dépasser le cercle des convaincus. Certaines finissent même par s’arrêter faute de bénévoles, comme le segal dans le pays de Lorient, dissous en 2025.

Des pionniers du numérique

D’autres ont pris le virage tôt. Dans le Périgord, le trèfle n’existe qu’en version numérique depuis 2016 : on paie par SMS, depuis un simple téléphone portable. Dans l’Allier, la soudicy combine billets et compte numérique, et revendique plus de 1 000 utilisateurs. À La Réunion, le tikatsou, lancé en avril 2026, a été pensé dès le départ avec des comptes numériques et une application mobile.

À Toulouse, l’association Caissalim va plus loin encore : sa caisse commune de l’alimentation verse à chaque membre 100 euros par mois dans une monnaie numérique dédiée, développée avec le sol-violette et utilisable chez des producteurs conventionnés. La monnaie locale devient un outil de solidarité.

Dans le Comminges, une carte en bois

En Haute-Garonne, la Touselle, monnaie locale du Comminges, prépare elle aussi sa mue avec noisèt, une application de paiement dont le lancement est prévu en janvier 2027. Le choix est original : une carte en bois sans contact, que le client approche du téléphone du commerçant, ou un paiement par QR code depuis l’application.

Côté commerçant, un smartphone suffit pour encaisser. Une commission de 1 % s’applique à chaque paiement, mais elle alimente une cagnotte engagée : une bonne partie revient aux clients, jusqu’à 1 % de leurs achats, lorsqu’ils paient chez des artisans d’art, des producteurs ou des commerçants bio. Pour développer son réseau, noisèt demande à chaque membre ses trois commerces préférés, démarchés en priorité.

Une même question pour toutes : la simplicité

Billet, SMS, application ou carte sans contact : les monnaies locales explorent des chemins différents, mais visent le même objectif. Rendre le paiement local aussi simple que le paiement par carte bancaire, pour qu’il devienne un réflexe plutôt qu’un effort militant. Les plus solides misent aussi sur des partenariats avec les collectivités, qui peuvent faire circuler leur monnaie à travers des aides ou des chèques cadeaux.

Pour découvrir la monnaie locale la plus proche de chez soi, son fonctionnement et ses particularités, un annuaire des monnaies locales https://noiset.fr/monnaies-locales recense les initiatives de toute la France, des plus anciennes aux plus récentes.

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